SES DÉBUTS ET SA VOCATION


Mehdi Qotbi est né à Rabat dans une famille modeste. La date exacte de sa naissance demeurant incertaine, elle a été fixée par l’état civil au 1er janvier 1951.

Il passe sa scolarité primaire à l’école Lalla Aïcha, dans le quartier populaire de Rabat. Jeune garçon très éveillé, il ose, à l’âge de douze ans, demander à Mahjoubi Aherdan, alors Ministre de la Défense Nationale en déplacement dans sa ville, d’intercéder en sa faveur pour pouvoir s’inscrire au lycée militaire de Kenitra. Il n’y fera qu’un court passage mais c’est là que son destin bascule : il se découvre une vocation pour le dessin. Il est admis par la suite à l’École des beaux-arts de Rabat, où, pendant deux années (1968-1969), il se consacre à la peinture. Il a alors 17 ans et pressent que son destin est lié aux chemins de la création. Sa rencontre avec le peintre Jillali Gharbaoui est décisive : touché par la qualité poétique de ses toiles, Gharbaoui, alors au faîte de sa gloire, l’encourage à persévérer dans sa quête artistique et l’aide à vendre à ses deux premières toiles.

En 1969, Mehdi Qotbi décide de poursuivre sa formation en France. Il s’inscrit à l’école des beaux-arts de Toulouse, dont il sort diplômé en 1972, puis il se rend à Paris où il suit des cours à l’école des beaux-arts, tout en dispensant parallèlement des cours de dessin et de peinture. Il donne ainsi des cours au lycée St Joseph d’Auxerres, ainsi qu’au lycée La Rochefoucault à Paris. Dès lors, il ne cessera de mener de front son métier d’enseignant et sa quête créative. Dès 1968, son œuvre commence à être remarquée et reconnue.


SON ŒUVRE


La singularité de la démarche artistique de Mehdi Qotbi réside dans la façon dont il fait dialoguer l’écriture et la peinture, dont il les entremêle intimement et amoureusement en puisant aux sources de ses origines arabo-musulmanes. Se réappropriant, pour la réinventer, la calligraphie arabe, il élabore ainsi une idéographie imaginaire, faite de signes scripturaux peints à la gouache, à l’acrylique ou à l’encre, à l’allure d’entrelacs finement brodés. L’écriture devient peinture, le signe devient forme. La lettre, vidée de tout sens linguistique, devient élément graphique et symbole d’abstraction, revêtant des qualités à la fois iconiques, plastiques et scripturales. Mehdi Qotbi offre ainsi une œuvre mouvante, qui échappe aux définitions et aux genres, se situant au croisement du figuratif, du symbolisme et de l’abstrait. Engagé dans un acte de désécriture, il explique: « Je n’écris pas des tableaux. Je « désécris ». Je remplis le vide ».

Écrire, disait Georges Perec, consiste à préserver la trace, à laisser un sillon, ou quelque marque. Habitée par un manque qui la travaille en creux et en filigrane, comme pour faire contrepoint au foisonnement du signe, l’œuvre de Mehdi Qotbi s’emploie à reconquérir des espaces fragilisés par le temps et l’oubli, entre souvenirs personnels et mémoire collective. C’est là l’essence même de sa poésie. Ce n’est donc pas un hasard si elle s’est vue soumise à l’épreuve du texte. En amoureux des lettres, il multiplie les collaborations avec des auteurs prestigieux, tels que Léopold Sédar Senghor, Octavio Paz, ou Michel Butor avec qui il ose pour la première fois ce qu’il appelle des rencontres écrites. En 1991, Mehdi Qotbi illustre aussi les écrits d’Aimé Césaire dans son œuvre Ausculter le dédale, un opus de poèmes accompagné de gravures à l’eau forte qui tient lieu d’exception dans le parcours du poète martiniquais à qui l’on doit une seule autre collaboration de ce genre, menée avec Picasso.


SES DISTINCTIONS


Mehdi Qotbi a été honoré de plusieurs distinctions : Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur des Arts et Lettres, Commandeur de l’Ordre national du Mérite de la République de Hongrie, Officier de l’ordre du trône, Officier du Mérite National Français, Chevalier des Palmes Académiques

Membre du Conseil consultatif des droits de l’homme dans son pays où il est retourné vivre en 2006, il œuvre inlassablement pour le rapprochement entre l’Occident, le Maroc et le Maghreb à travers le Cercle d’amitié franco-marocaine, dont il est président et fondateur, mais aussi l’association Trait d’union Maroc-Europe, ou encore la lettre Ensemble, cette fois en tant que fondateur et directeur de la rédaction.

En 2011, il a été nommé Président de la Fondation Nationale des Musées au Maroc.

Mehdi Qotbi poursuit aujourd’hui son œuvre parallèlement à ces nouvelles responsabilités.

EXPOSITIONS

France                          Flaine – Angoulême – Toulouse – Paris – Lyon – Mâcon – Grenoble – Annecy – Tours

Maroc                           Rabat – Casablanca – Marrakech – Tanger

Allemagne                  Cologne – Hambourg – Francfort – Düsseldorf – Wiesbaden

U.S.A.                           New-York – Washington – Boston – Miami

Japon                           Tokyo

Canada                         Ottawa – Toronto

Grande-Bretagne      Londres

Arabie Saoudite        Djedda – Khobar

Jordanie                      Amman

Tunisie                         Tunis – Sidi Boussaïd

Indonésie                    Djakarta

Malaisie                       Kuala Lampur

Pays-Bas                     Amsterdam

Brésil                           Sao Paulo

Colombie                    Bogota

Espagne                      Madrid – Barcelone – Séville – Valence

Emirats Arabes         Dubaï – Abou Dabi

MUSEES – COLLECTIONS PUBLIQUES ET PRIVEES

Musée de la Ville de Paris

Musée National d’Art Moderne Centre Georges Pompidou, Paris

Bibliothèque du Centre Georges Pompidou, Paris

Bibliothèque Nationale – Paris

Fond National d’Art Contemporain du Ministère de la Culture en France

National Gallery of Art in Amman, Jordanie

Ministère des Affaires Etrangères Français pour les Ambassades de France, Arabie Saoudite, Qatar, Maroc, Pakistan, Algérie

Musée des Augustins de Toulouse

Musée des Beaux-Arts de Houston

Menil Collection Houston

Ruth and Marvin Sackner Collection Miami

Schlumberger Paris et New-York

Musée de l’Université de Malaya, Kuala Lampur – Malaisie

“Musée Itinérant contre l’Apartheid”- Parlement d’Afrique du Sud

Ville de Djeddah, Arabie Saoudite

Fonds National d’Art Contemporain du Ministère des Affaires Culturelle du Maroc

Musée de l’Assistance Publique – Paris

Banque Commerciale du Maroc, siège de Casablanca et Bureaux de Paris

Commandes pour les Palais Royaux du nord du Maroc

Caisse Française de Développement – Paris

Bibliothèque de l’IMA

Bibliothèque de Tours

Préfecture du Lot et Garonne

Palais des Congrès Mohammed VI de Skhirat – Maroc.

LIVRES ACCOMPAGNES

Il y a eu aussi tout un travail exécuté avec des écrivains et des poètes, où le pinceau de Mehdi Qotbi a croisé leur plume :

Avec  Michel Butor “La Prairie des éveils” – Dupont Visat, “L’Inéditeur”

Avec Dominique de Villepin “Paroles d’Exil” Marc Pessin Editeur

et  “Urgences de la poésie, suivi de Choix de poèmes” La Maison de la Poésie – Maroc

Avec Edouard Maunick “Un arbre en est la cause” Marc Pessin Editeur

Avec Yves Bonnefoy “L’Ultime rêve” Edition Marsam – Rabat, Maroc

et “Plus loin – Plus vite” – Robert et Lydie Dutrou.

Avec Léopold Sédar Senghor “Masque” – Marc Pessin Editeur

Avec Adonis “Théâtre et Miroir” – Marc Pessin Editeur

Avec André-Pieyre de Mandiargues “Ecriture Ineffable” Fata Morgana

Avec Aimé Césaire “Ausculté le Dédale” Robert et Lydie Dutrou

Avec Mohamed Benis “Désert au bord de la lumière” Al Manar

Avec Abdelwahab Meddeb “Les 99 stations de Yale” Fata Morgana

QUELQUES ANECDOTES DE RENCONTRES

Avec Dominique de Villepin, en 1985, dans l’avion Paris-New York. Des échanges qui ont abouti à un livre
“Paroles d’Exil” et à une longue amitié. 

Avec Léopold Sédar Senghor ; de ces rencontres un attachement est né.

Avec Aimé Césaire pour le livre “Ausculté le Dédale”.

Ce poète n’a participé qu’à deux seuls livres dans sa vie :  le premier  “A corps perdus” avec Picasso,  le second  avec Mehdi Qotbi.